LES FIGURES
PARISIAN LAUNDRY
MONTRÉAL, QC, CANADA
01 - 2016 to 02 - 2016

Les figures (2015-2016)


Photographies avec et sans cadres, socles, panneaux MDF. 16 images, dimensions variables / Framed and unframed photographs, plinths, MDF panels. 16 images, dimensions variable




Pour sa première exposition solo à Parisian Laundry, Celia Perrin Sidarous propose une sélection de photographies évoquant les vies énigmatiques des objets, par des processus de collection et de présentation, ainsi que les mécanismes du temps et de la mémoire. L’assemblage est un élément clé de la pratique de Perrin Sidarous; ses images sont des lieux de juxtapositions dynamiques et de répétitions discrètes. Des objets tels que des coquillages, des tissus, du marbre, des découpages, des miroirs et des ruines sont réorganisés selon une logique introspective qui se projette pourtant vers l’extérieur — se prolongeant sous la forme d’objets autres, de l’espace du studio jusqu’à l’image, ainsi qu’à son lieu d’exposition.

Certainement, les objets que représente Perrin Sidarous constituent des points d’accès à différents chapitres de son œuvre, un réseau de portails indiscernables qui s’étire indéfiniment. Un miroir dans une image peut mener le visiteur vers d’autres photographies par le biais de l’association. Ces réitérations irrégulières et non systématiques sont davantage externalisées vers la galerie, particulièrement sous des formes structurelles qui interviennent dans l’espace physique, en relation avec l’image. Autrement dit dans les installations de Perrin Sidarous, les images sont traitées comme des éléments possédant une véritable dimension spatiale, et l’espace physique est constitué virtuellement, comme image.

L’artiste complexifie également les interprétations traditionnelles des relations entre l’objet photographié et le temps; ainsi la figure de la ruine occupe une place importante dans son œuvre. Tout comme ces fragments du passé sont des parcelles d’histoire, les photographies de Perrin Sidarous sont construites par la surimposition de temporalités bien distinctes, mais souvent indéfinissables. Les trames narratives linéaires sont abandonnées, alors que les symboles déchiffrables sont remplacés par des traces ambiguës. Ce traitement du temps ébranle les perceptions directes, car le regard est historiquement spécifique, et par le fait même, instable.

Ainsi, la pratique de Perrin Sidarous est implicitement dissimulée sous différentes formes de rapports avec le regard. Par exemple, il existe un moment de cathexis : l’objet attire l’artiste, l’œil méticuleux de la photographe qui prépare et organise soigneusement ses compositions. Il y a le regard ponctuel de la caméra, et cette période de latence où le regard existe en tant qu’absence entre le moment de l’exposition et celui du développement. Et puis il y a le regard des visiteurs, chargé de différentes interprétations et projections. Cette diversité des perceptions rappelle ce sur quoi la tradition de la nature morte — sur laquelle Perrin Sidarous s’appuie — a été fondée au fil de l’histoire: les liens affectifs complexes qui relient les sujets aux objets.


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In her first solo exhibition at Parisian Laundry, Celia Perrin Sidarous presents a selection of photographs engaging with the enigmatic lives of objects through processes of collection and display, and the mechanisms of time and memory. Significant to Perrin Sidarous’ practice is the assemblage. Her images are the sites of dynamic juxtapositions and discrete repetitions. Objects such as seashells, fabrics, marble, cut outs, mirrors and ruins are arranged in a logic that at once signals inwards as well as pulsates out associatively—extending to other objects, to the space of the studio, to that of the image and to the place of exhibition.

In certain ways, the items Perrin Sidarous pictures perform as points of entry into various areas throughout her entire body of work, a network of inconspicuous portals with no discernable ends. A mirror in one image may lead the viewer to a number of other photographs via the power of association. These unsystematic, irregular reiterations are further externalized to the gallery, particularly in the shape of sculptural forms intervening within physical space, ultimately mediating its relationship with image. In other words, in Perrin Sidarous’ installations, images are treated as possessing a spatial dimension and physical space is conceived of virtually, as image.

Moreover, the artist also complicates conventional understandings of the image’s relationship to time. Fittingly, ruins continually make appearances in her work. Just as these fragments of the past are layered in bits and pieces of history, so too are Perrin Sidarous’ photographs constructed through the superimposition of separate, often unidentifiable temporalities. Linear narratives are abandoned and legible symbols substituted for ambiguous traces. This treatment of time essentially undermines any straightforward account because the very act of looking is acknowledged as historically specific and therefore unstable.

Thus Perrin Sidarous’ practice is implicitly shrouded in different forms of viewership. For instance, there is a moment of cathexis: object beckoning artist, the meticulous eye of the photographer as she carefully prepares and rearranges her compositions. There is the punctuated look of the camera and the latent period where viewership exists as absence between exposure and development. And there is the look of the viewer, a look laden with any given number of interpretations and projections. This diversity of gazes affirms what the tradition of still life—a tradition that Perrin Sidarous implicates—has throughout its history been predicated on: the complex affective ties between subjects and objects.


Texte d'exposition / Exhibition text - Adam Gill


Celia Perrin Sidarous remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui financier. / Celia Perrin Sidarous wishes to thank the Conseil des arts et des lettres du Québec for its financial support.




Documentation Clara Touchette-Lacasse